Valparaiso, la vallée du paradis, ne correspond pas vraiment à l'image qu'on se fait d'ordinaire du paradis, sinon celui d'une urbanité dépravée, colorée et exposée face au Pacifique sur l'amphithéâtre de ses collines.

           De fait, Valparaiso doit son nom à Juan de Saavadra parti à la recherche de Diego de Almagro (le découvreur du Chili) dont on était depuis quelques temps sans nouvelles. Saavadra retrouve ainsi Almagro en 1536 dans une baie immense et il lui donne alors le nom de son village natal andalou : Valparaiso.

           A défaut donc de posséder un caractère divin, Valparaiso a un charme poétique qu'elle doit pour beaucoup à trois de ses caractéristiques principales : sa topographie, son architecture et sa spontanéité.

           La première des trois permet de diviser la ville en 46 parties qu'il est plus simple de ramener à deux. Ses 45 collines abruptes où fleurissent les maisons et les diverses habitations résidentielles d'un côté, et de l'autre ce qu'on appelle le plat qui comprend les deux ou trois avenues principales, artères marchandes et économiques, et le port industriel.

           Pour ce qui est de son architecture, difficile d'en parler sans être spécialiste mais dominent ici des maisons proches d'un style colonial à la structure de pierres et de bois et au revêtement de taule. Mais surtout, ce qui saute immédiatement aux yeux, ce sont les couleurs des maisons, chacune déclinée en autant de couleurs qu'il y a de maisons (ou presque!).

           Il reste alors sa spontanéité. Et là, que dire! Tout se mélange, monte et descend, les maisons se chevauchent, les rue s'emmêlent, et les escaliers chutent en cascades n'importe où et n'importe comment vers la partie plate de la ville.

"Valparaiso es una anomalia en America, una ciudad sin plan y sin forma" (Sarmiento)

           Et ce n'est pas tout, il y a ses peintures partout, ses fresques, ses pochoirs et ses mosaïques. Valparaiso est un musée à ciel ouvert d'artistes anonymes. Et ce, au point que les plus grands artistes surréalistes chiliens eurent effectivement l'idée de créer un musée en plein air où, au grès d'une balade sur l'un des cerros (collines), on admire leurs œuvres peintes sur les murs des rues et ruelles.

           Franchement, Valparaiso est envoûtante et dégage la poésie d'un Rimbaud habillé en bohémienne.

           C'est d'ailleurs dans cette ville que Pablo Neruda, grand poète de l'Amérique du sud écrivit nombres de ses vers :

      " Valparaiso,

           Que disparate,

              Eres que loco,

                 Puerto loco,

                    Qué cabeza,

                         con cerros,

                             desgreñada"

                                                  Pablo Neruda, Oda a Valparaiso, 1967.*

* (traduction littérale du poème qui ne vaut rien mais qui aidera les non-hispanophones:  Valparaiso, quelle drôle d'idée, tu es folle, un port fou, quelle tête avec ses collines, égrainée.)


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"Sous le bitume il y a des fleurs qui n'ont pas encore poussées"